INTERVIEW ADA 13 / JÉRÔME COUMET
Démocratie représentative et démocratie participative ?
- Quelles sont vos propositions pour augmenter les compétences du conseil d’arrondissement ?
J’aurais tendance à reformuler la question car ce qui me semble important avant tout, ce sont les compétences de la mairie d’arrondissement, dont découlent naturellement celles du conseil d’arrondissement. Et à ce sujet, je suis extrêmement inquiet. D’ailleurs, pour les avoir entendus, les maires d’arrondissement de l’opposition municipale partagent largement cette préoccupation. C’est donc une opposition quasi unanime des maires d’arrondissement à la réforme de l’organisation du mode de scrutin à Paris, réforme qui entraîne des conséquences institutionnelles extrêmement lourdes. Rappelons d’ailleurs que celle-ci a été votée grâce à une alliance baroque (LFI, Renaissance, RN), sans concertation et de manière précipitée. Le texte final a ainsi été adopté au mois d’août 2025, c’est-à-dire quelques mois avant les échéances de mars contrairement aux dispositions légales qui fixent un délai minimal d’un an et malgré le refus répété du Sénat, la Chambre des collectivités locales. Le grand tort de Paris, Lyon et Marseille, les communes qui relèvent de la loi PLM qui vient d’être modifiée, c’est d’être dirigées par des maires issus du PS ou des Verts.
J’ai toujours été, pour ma part, un grand défenseur de la décentralisation. Je m’y étais impliqué dès la mandature de Bertrand Delanoë. Beaucoup de choses ont changé. D’autres gagneraient encore à être améliorées, notamment dans le champ social, qui reste très départemental, ou la gestion des collèges qui sont insuffisamment décentralisés par exemple.
Sur le fond, je pense même qu’il faut aller au-delà. Une vraie réforme de la loi PLM devrait porter sur la nécessaire répartition des compétences entre la mairie centrale et les mairies de proximité afin de mieux répondre aux attentes des habitants.
A la Ville, les dossiers majeurs, les projets structurants, la définition des orientations pour le devenir de la collectivité, la gestion des finances, des ressources humaines, des grands équipements, la réglementation de ce qui est commun à tous les arrondissements, la dimension internationale, les relations avec l’Etat, la région, les autres collectivités… Mais pour ce qui relève du quotidien, c’est-à-dire tout le reste et c’est le plus important pour les habitants, il faut laisser faire les arrondissements.
Car le constat est simple et je peux en attester tous les jours : quand un Parisien est confronté à une difficulté, il s’adresse d’abord à son maire et à sa mairie d’arrondissement.
C’est donc au niveau de l’échelon local, au plus près des habitants, qu’il faut penser et agir pour la propreté, la gestion de la voirie et de l’espace public, l’aide sociale, l’accompagnement des familles, de la petite enfance aux seniors, le logement, la végétalisation, la participation citoyenne et le soutien à la vie associative, l’animation culturelle, la lutte contre les incivilités et la prévention de la délinquance, etc.
Sur toutes ces questions, pour que la parole des habitants soit entendue, il faut qu’elle puisse être écoutée et c’est précisément la fonction de la mairie d’arrondissement dont le rôle et les moyens doivent être accrus en conséquence.
Mais le véritable risque aujourd’hui, c’est celui d’un grand retour en arrière, avec une grande centralisation vers l’Hôtel de Ville. Et si cela se produit, le rôle des conseils d’arrondissement sera totalement marginalisé.
- Comptez-vous inviter les associations à venir présenter leurs projets et leurs questions aux séances du conseil d’arrondissement grâce au dispositif appelé CICA (Comité d’initiative et de consultation d’arrondissement, article 16 de la loi PLM du 31 décembre 1982) ?
Pour le coup, je préfère parler clairement, quitte à froisser certaines susceptibilités : les CICA ne fonctionnent plus. Et je ne vais pas faire semblant de prétendre qu’il s’agit d’une institution efficace alors que, moi-même, je n’ai pas réussi à les faire fonctionner. Nous avons pourtant essayé différents biais : débats thématiques, réunions à vocation pratique (sur les subventions, les emplois, etc.)… On ne peut pas dire que l’audience était au rendez-vous, ni l’intérêt du côté des conseillers d’arrondissement dans leurs différentes sensibilités.
Et puis, pour parler clair, je ne suis pas « assailli » de demandes d’associations pour l’organisation de CICA. Pour mémoire, il y a près de 600 associations inscrites à la Maison de la Vie Associative et Citoyenne du 13e, la MVAC, bien plus encore si l’on considère la totalité de celles qui sont domiciliées ou qui interviennent dans le 13e, et je ne crois pas avoir reçu une seule demande pour la tenue d’un CICA durant toute la mandature qui s’achève, même si je connais la position de l’ADA13 sur ce point. Si les associations elles-mêmes ne sont pas intéressées, il faut savoir en tirer les conclusions qui s’imposent. Vous le rappelez dans votre question, le CICA a été établi par la loi de 1982, il y a près de 45 ans, c’est aujourd’hui un dispositif dépassé, caduque.
N’oublions pas, en effet, que tout cela a été institué bien avant l’avènement de la démocratie participative et la création des conseils de quartier dont les associations sont partie prenante. Aujourd’hui, je pense qu’il faudrait inventer de nouvelles formes de dialogue car les associations ont des réalités extrêmement différentes : entre celles qui assurent quasiment des missions de service public, qui ont des salariés, et des associations plus petites avec des budgets très limités, il est difficile de les mettre toutes sur le même plan.
Quoi de commun entre le Paris Université Club, le PUC – ses responsables me pardonneront de le mentionner ici mais les chiffres que je vais citer sont publics – qui est une association reconnue d’utilité publique depuis plus d’un siècle, qui compte près de 10.000 licenciés, 45 sections sportives, qui gère des équipements et a plusieurs dizaines de salariés et l’association créée par quelques amis passionnés de philatélie ? Rien évidemment, si ce n’est la forme juridique. Les attentes, les moyens, les problèmes, les préoccupations ne sont pas les mêmes.
Mais cela ne veut pas dire naturellement qu’il ne faut pas tout faire pour aider les associations. Elles sont indispensables à la vie en société, au vivre ensemble. C’est précisément pour cela que nous avons voulu créer une nouvelle MVAC qui ouvrira ses portes dans les prochains jours. Désormais installée rue Bobillot, à deux pas de place d’Italie, elle sera plus centrale et plus accessible. Beaucoup plus grande que la précédente, plus fonctionnelle, dotée d’espaces extérieurs, elle proposera plus de moyens pour les associations : une salle de danse, un espace de répétition et d’enregistrement musical, un espace de coworking et, à terme, un café associatif. Elle pourra accueillir davantage d’associations et pour plus d’usages. Mieux accompagner les associations, c’est cela l’essentiel.
- Que préconisez-vous pour activer et relancer la démocratie participative et notamment les conseils de quartier ?
Concernant les conseils de quartier, là aussi soyons honnêtes et lucides, on a bien vu, les uns et les autres, un certain essoufflement, dont les causes ne sont pas toujours faciles à identifier. Je considère qu’on redonnera de l’attrait aux conseils de quartier en leur donnant des missions plus importantes. C’est dans cet esprit que j’ai souhaité, par exemple, associer les conseils de quartier au dispositif du Budget Participatif. En effet, c’est avec les représentants des conseils de quartier que l’on discute des projets, que nous examinons ceux qui peuvent être retenus et présentés au vote ou pas.
De la même façon, il faut organiser des porosités entre les conseils de quartier. Cela peut être sur des thématiques avec des réunions inter-conseils de quartier. Nous l’avons fait sur la question des transports où l’on a organisé des réunions régulières, mais il faudrait sans doute aller au-delà, sur d’autres thématiques.
Enfin, j’estime que nous ne soutenons pas encore suffisamment les initiatives des conseils de quartier sur le fait de mettre du lien et du « liant ». Je pense notamment à toutes les rencontres ou aux fêtes. On sait à quel point il est important dans la ville de créer ce type d’événements.
- Comment voyez-vous les processus de concertation, d’élaboration et de prise de décision y compris budgétaire, en partage avec la démocratie représentative ?
Le périmètre de la question est très important. De mon côté, même si cela peut paraitre un peu étonnant et critique, je pense qu’il faut continuer à innover, à tester des choses différentes et à trouver des périmètres complémentaires pour associer les habitants. C’est la raison pour laquelle dans le 13e, on a multiplié les dispositifs, allant du questionnaire à des choses beaucoup plus lourdes comme associer les habitants sur des projets urbains. C’est ainsi que nous avons organisé des ateliers participatifs lors des grandes opérations de rénovation concernant la cité Paul Bourget, porte d’Italie, ou l’îlot Fulton, près de la Seine. Tout cela peut être critiqué et paraître brouillon, mais je ne le crois pas. Au contraire, je pense qu’il faut tester beaucoup de choses différentes et que tous les modes de participation peuvent se compléter. Avec la difficulté que telle ou telle instance, comme les conseils de quartier, puisse se sentir contournée par ces processus. Mais donner la parole au plus grand nombre implique d’accepter des modalités complémentaires.
Que répondez-vous à la difficulté de se loger à Paris ?
- Quelles sont vos propositions en matière de logements abordables et sociaux, notamment vis-à-vis des arrondissements en hyper déficit (- 10 %), en déficit (- 30 %) ?
S’agissant du 13e, nous ne sommes évidemment pas directement concernés par le déficit ou le grand déficit en logements sociaux. Mais je pense que, y compris symboliquement, il est très important de construire du logement social dans l’Ouest parisien même s’il sera plus coûteux. En termes de grands équilibres, il n’est pas tolérable de concentrer tous les logements sociaux dans les mêmes arrondissements.
Cela étant dit, pour ce qui concerne le 13e, nous allons nous lancer dans une grande diversification de l’action municipale en matière de logement.
Jusqu’à présent, soyons honnêtes, notre action était surtout dirigée vers le logement social et nous en avons beaucoup construit et nous en construisons toujours. Aujourd’hui, le 13e compte près de 42 à 43 % de logements sociaux, rappelons que l’obligation de la loi SRU, c’est 25 %. Encore faut-il préciser que sous cette dénomination unique, il y a une offre variée car il existe une série de catégories à destination de populations diverses en termes de revenus. Mais aussi parce qu’au-delà des logements familiaux, qui sont indispensables naturellement, nous avons multiplié les propositions ciblées, à destination des étudiants par exemple – et nous avons beaucoup investi là-dessus, en créant de nombreuses résidences étudiantes – ou des seniors. Ainsi le logement social, ce sont des logements familiaux « classiques », mais également des résidences sociales, des foyers de jeunes actifs, des résidences universitaires, des résidences pour les seniors, des EHPAD… C’est ce qui permet au 13e de rester un arrondissement pour tous, à la fois mixte et populaire, et nous allons continuer à agir en ce sens naturellement alors que la droite vote contre la création de nouveaux logements et que certains de ses candidats aux prochaines élections proposent la vente d’une partie du parc social.
Mais dans les innovations, nous souhaitons notamment activer deux bras de levier qui ont été mis en place récemment.
Le premier est celui de la Foncière du Logement Abordable. Il s’agit de rassembler des capitaux publics dans un premier temps, peut-être privés dans un second temps, pour permettre de racheter des immeubles, les rénover si nécessaire, et les relouer à des loyers 25 % inférieurs aux prix constatés dans le quartier concerné. C’est une alternative au logement social pour loger les Parisiens, particulièrement les classes moyennes supérieures ou les ménages ne trouvant pas de réponse via le logement social.
Et le second levier consiste à permettre l’accession sociale à la propriété. Nous savons que les anciens dispositifs ne fonctionnaient pas parce qu’ils n’étaient pas exclus de la spéculation immobilière. Le bail réel solidaire (BRS) dissocie la valeur du foncier, c’est-à-dire celle du terrain sur lequel l’habitation est construite, qui est évidemment très chère à Paris, et la valeur du bâti, à savoir le prix de la construction. Et l’acheteur ne va payer que le second tout en louant, pour une somme modeste, la part qui correspond au coût du foncier. Pour faire simple, le BRS va permettre à des Parisiens, sous condition de ressources, d’acquérir un logement à un prix pouvant aller jusqu’à la moitié de la valeur du marché, mais avec des conditions très strictes sur la revente, ce qui l’exclut de la spéculation immobilière. C’est une façon de relancer l’accession. Je rappelle que 80 % des propriétaires parisiens sont des multipropriétaires et on constate à quel point l’accession à la propriété est devenue l’apanage des personnes les plus fortunées. Avec ces deux évolutions, nous allons pouvoir changer la donne et ça concerne notamment des arrondissements, comme le 13e, déjà très pourvus en logement social.
6. Êtes-vous favorable au maintien de l’encadrement des loyers ?
Oui, mille fois oui ! L’encadrement des loyers peut être critiqué par les libéraux, peut être critiqué aussi sur l’insuffisance de sa mise en application, mais ces critiques prouvent bien que c’est utile et, qu’au moins, il évite les surchauffes spéculatives. Nous proposons, en outre, de créer une brigade dédiée à l’accompagnement des locataires en difficulté.
7. Proposez-vous un programme de transformation des bureaux vacants en logements sociaux, avec quels moyens ?
Non seulement nous le proposons, mais nous le faisons déjà, nous l’avons fait et nous continuerons à le faire. La dernière opération qui concerne le 13e est la transformation d’un très grand immeuble de bureaux vétustes en 438 logements étudiants, en plein cœur du quartier universitaire. Ce sera sans doute la plus grande opération de toutes ces dernières années. Cependant, cela ne peut pas s’appliquer à tous les immeubles de bureaux. D’abord parce que l’activité est indispensable, il faut la préserver et l’encourager. Ensuite parce tous les bâtiments éventuellement concernés, c’est-à-dire les immeubles de bureaux obsolètes, ne remplissent pas les conditions techniques pour pouvoir être transformés en logements. Nous poursuivrons cette politique concernant les bureaux vides, mais il est important qu’un arrondissement comme le 13e ait aussi sa part d’activité. Le rééquilibrage entre l’Ouest et l’Est parisien repose aussi là-dessus.
- Êtes-vous d’accord pour limiter les locations de type Airbnb et pour réduire le nombre de logements vacants ?
Tout à fait. Vous savez à quel point la Ville de Paris s’est mobilisée sur les évolutions législatives, nous en avons obtenues un certain nombre, sans doute encore trop limitées. On voit à quel point les dérives d’Airbnb peuvent empêcher le logement du plus grand nombre. Il faut donc être très ferme sur ces sujets. Quant aux logements vacants, c’est un gros sujet à Paris, On estime, en effet, leur nombre à 300.000, soit un logement sur cinq. Il va donc falloir prendre des mesures qui seront forcément impopulaires parce qu’il s’agira de taxer assez fortement les logements inoccupés et, au passage, les résidences secondaires. Mais on ne peut pas accepter qu’il y ait autant de logements qui ont été détournés de leur vocation initiale à Paris, ce serait scandaleux de ne rien faire.
Comment envisagez-vous l’action de la Ville face au changement climatique ?
- Quelles sont vos propositions pour accélérer la rénovation énergétique des logements, de tous les bâtiments et locaux ?
Sur cette question aussi, j’aurais tendance à dire que nos actes, heureusement d’ailleurs, donnent de la crédibilité à nos propositions. Il sera sans doute possible qu’à l’avenir nous trouvions d’autres biais pour faire face au changement climatique. Mais les deux axes principaux consistent aujourd’hui à végétaliser la ville et à désimperméabiliser les sols d’une part, et à rénover les logements et les équipements publics d’autre part, pour les rendre moins énergivores, protéger les habitants contre l’augmentation des factures et leur apporter un plus grand confort l’hiver et l’été. Ces actions ont été initiées de manière très vigoureuse dans le 13e, peut-être aussi parce que nous avions commencé un peu avant les autres. Je rappelle que nous les avons engagées sur le logement public, avec les bailleurs sociaux, mais aussi sur les logements privés, puisque nous avons porté la première opération parisienne, et même française, pour accompagner les copropriétés, l’OPATB. Près de 10.000 logements ont déjà été rénovés. Et il faut continuer ces opérations de manière très forte tant que les financements suivront, mais je suis assez serein puisque sont programmées rien que pour le 13e une multiplicité d’opérations qui vont concerner plusieurs milliers de logements. Pour ne donner qu’un seul chiffre, je rappelle que 115 millions d’euros seront investis dans les années qui viennent pour les logements des Olympiades qui dépendent de Paris Habitat. Les travaux ont d’ailleurs déjà commencé pour la rénovation thermique de ces habitations.
Enfin, je pense que nous devons absolument trouver des façons de faire qui limitent les coûts pour essayer d’atteindre une certaine forme de massification. Dans cette perspective, je regarde de très près une expérimentation qui a été lancée à l’école Franc Nohain où l’on essaie de trouver toute une série d’éléments qui permettent d’adapter les écoles aux grandes chaleurs. Le résultat de cette opération, je l’espère, nous fournira un vadémécum pour se lancer dans la transformation de nombreux établissements scolaires à Paris.
- Avez-vous des propositions pour créer des îlots de fraîcheur dans l’arrondissement, protéger les espaces verts privés et végétaliser les espaces intérieurs ?
La première chose à faire, et cela a été fait dans le cadre du PLU, était de préserver l’existant. Il ne faut pas oublier que le grand risque aurait été effectivement la disparition des îlots de fraîcheur privés pour laisser place à de nouvelles constructions. À cet égard, je considère que l’essentiel a été fait, à condition bien sûr de ne pas revenir sur ces protections. Il s’agira aussi, je le souhaite, de pouvoir trouver des moyens de les ouvrir au grand public pour certains d’entre eux. Cela ne pourra se faire que par le dialogue, et sans doute à travers des contrats permettant de mettre en balance le concours à l’entretien et leur ouverture au public en journée. Nous accompagnons aussi les copropriétés qui veulent agir en ce domaine (ce devrait être le cas, par exemple, pour l’ensemble « Cap Sud », place de Rungis) et la végétalisation des grandes dalles qui sont très minérales. N’oublions pas enfin les cours oasis, dans les établissements scolaires, qui participent aussi de ce mouvement.
La végétalisation des toitures est une opération à laquelle on pense peu, mais sur laquelle il faut s’investir aussi. Elle n’est pas possible partout car il existe techniquement un certain nombre de contraintes, mais je rappelle que beaucoup d’immeubles créés dans le 13e l’ont été avec des toitures végétalisées et que nous avons également accompagné un certain nombre de végétalisation de toitures sur des bâtiments plus anciens. Cela contribue là aussi à augmenter le nombre d’îlots de fraîcheur et à faire baisser les températures.
Et puis il y a la végétalisation des rues qui est une priorité. Une rue moins bitumée, plus arborée, plus verte, est une rue où la température est moins élevée. Dans le cadre du dispositif « Embellir votre quartier », de nombreux arbres ont été plantés et des jardinières installées. De plus, 26 rues aux enfants ou rues jardins, ainsi qu’une petite forêt urbaine place de Rungis, ont été créées durant la mandature qui s’achève. Nous voulons poursuivre cet effort.
- Où réaliseriez-vous de nouveaux espaces verts dans le 13e ?
La première création importante, cela va être de reconquérir la Petite Ceinture. On l’a oublié, mais le premier tronçon qui a été ouvert au public suite à l’accord conclu entre la SNCF et la Ville en 2015 est situé dans le 13e, à proximité de la place de Rungis. C’était en janvier 2016, il y a 10 ans déjà. Puis, nous avons été stoppés dans notre élan puisque le chantier de la ligne 14 s’est installé sur le tronçon parallèle à la rue Regnault. Je ne le regrette pas parce que cela a quand même très fortement limité les désagréments pendant cette longue période de construction de la station Maison-Blanche. Maintenant que ce chantier est terminé, nous avons repris le réaménagement de la Petite Ceinture, les travaux viennent de commencer. Mon idée est d’essayer de développer les continuités les plus importantes possibles.
Il faut aussi que nous ayons une réflexion sur les grandes emprises sportives. Je souhaite ainsi transformer le stade Georges Carpentier en grand parc sportif, ouvert aux familles, et ce ne sont pas de simples mots. Nous avons déjà commencé des actions de végétalisation sur une partie du stade. Ce n’est pas neutre en termes d’investissement car il faut dépolluer les sols, amener de l’arrosage automatique , etc. mais cela va changer la physionomie de cet espace. Et puis nous voulons continuer à ouvrir des jardins. Nous le faisons place Nationale où un nouveau jardin public est en cours d’aménagement. Je peux citer encore la 2e phase du jardin Marie Curie, près de la gare d’Austerlitz, ou celui de la villa d’Este, au milieu des tours, des opérations déjà lancées. En quelques années, ce sont 15 espaces verts nouveaux qui ont été créés dans le 13e.
Je pense qu’il est aussi intéressant d’essayer de concevoir des cheminements pour relier des espaces verts entre eux, un peu à l’image de ce que nous avons fait avec le projet de grand parc de Choisy. En sus d’accroître la végétalisation, ce serait proposer aussi des nouveaux lieux de promenade.
- Êtes-vous favorable à la réouverture de la Bièvre dans son parcours parisien, prolongeant ce qui a été fait dans les communes en amont ?
J’ai toujours été un grand passionné de la Bièvre parce qu’elle fait partie de l’histoire et de l’identité du 13e. Mais ce n’est pas si simple parce que le 13e a été urbanisé avec beaucoup d’opérations qui ont utilisé des remblais. En clair, la rivière a été enterrée. Une réouverture de la Bièvre est d’ores et déjà programmée au parc Kellermann. C’est pour l’instant techniquement la seule portion vraiment possible sur une Bièvre gravitaire, c’est-à-dire sur une Bièvre qui coule. Ouvrir d’autres emprises est tout de même beaucoup plus compliqué. Pour amener l’eau de la Bièvre de la porte vers les différents espaces, on pourrait, par exemple, penser au jardin René Le Gall, mais c’est techniquement très complexe et nécessiterait des investissements très conséquents. Nous parviendrons peut-être à résoudre ces difficultés un jour. Déjà commençons par Kellermann, cela donnera, je l’espère, l’envie de poursuivre.
Une ville ouverte, diverse et favorable à l’emploi, autre que celui « de bureaux ».
- Comment voyez-vous la suite de l’expérimentation « territoire zéro chômeur de longue durée » ?
D’abord, je me réjouis très fortement que nous ayons pu être sélectionnés parmi les premiers territoires nationaux. J’étais quelque peu inquiet au début car il ne fallait pas concurrencer le privé (y compris associatif) alors qu’il y a déjà beaucoup de champs investis à Paris. Au total, nous avons souvent été donnés en exemple. De fait, « territoire zéro chômeur », en sus de son action d’insertion, montre que nous avons aussi créé des nouveaux services intelligents et utiles pour les Parisiens. Mon souhait, ce serait qu’on élargisse le périmètre de référence qui est aujourd’hui restreint à deux secteurs du 13e. Cette décision ne dépendra pas que de nous. Et je n’oublie pas qu’à plusieurs reprises les gouvernements successifs ont failli remettre en cause ce dispositif. Il y aura sans doute aussi d’autres biais à expérimenter. Mais la question de l’emploi ne doit pas reposer uniquement sur des projets financés par la puissance publique. J’essaie notamment, par exemple, d’accompagner l’installation d’une école dans l’ancien lycée Lazare Ponticelli qui propose des formations professionnalisantes dans le domaine du numérique. Agir pour l’emploi, ça doit être l’une de nos actions parce que je crois à la force du travail, y compris dans sa dimension de participation à la société.
- Quelles sont vos propositions pour accueillir dignement les personnes à la rue, ainsi que les réfugiés ?
C’est sans doute l’un de nos grands échecs collectifs. De l’État au premier chef puisque ces sujets relèvent de ses compétences, mais plus largement nous sommes tous moralement en difficulté face à cette situation. Aujourd’hui, il y a de telles disparités entre l’offre de places d’hébergement et les besoins que les critères de priorité maximale ont été extrêmement réduits : ce ne sont plus les femmes enceintes qui sont prioritaires pour être recueillies mais les femmes enceintes de plus de six mois, ce ne sont plus les enfants mais les nourrissons de moins de 3 mois. Moi je ne me résous pas à ce que l’on baisse les bras. Alors, même si ce n’est pas de notre responsabilité, nous faisons notre possible. Quand l’État ferme des places d’accueil, nous en ouvrons et nous mobilisons des gymnases pour parer à l’urgence.
Le 13e est l’héritier d’une longue tradition de solidarité. Nous sommes l’arrondissement de « la Mie de Pain », de la « Cité de Refuge », celui qui a le plus capacités d’accueil à Paris et nous pouvons en être fiers. Mais la situation est si dégradée que je ne vois pas d’autres possibilités que de dégager davantage de moyens publics. Il y aura sans doute un dialogue à mener avec l’État pour savoir qui fait quoi, qui finance quoi et qui met en place. Parce qu’aujourd’hui, de fait, ça ne fonctionne pas.
- Êtes-vous favorable à la réalisation de locaux à loyers réduits permettant à des artisans, des artistes, des commerçants de proximité et des petites entreprises de s’implanter dans le 13e, notamment à Paris Rive Gauche ?
J’y suis évidemment favorable et, là encore, nous l’avons fait, sans doute de manière insuffisante, mais nous l’avons fait. Nous l’avons fait sur des choses pérennes comme le bâtiment qui a été construit à côté des « Frigos », les « Ateliers M1D », et qui accueille des artistes et artisans d’art. Et nous le faisons de manière provisoire, à chaque fois que c’est possible. Nous l’avons fait rue Jean-Sébastien Bach, nous le faisons en ce moment à Paris Rive Gauche. Mon but est de poursuivre en ce sens. D’une certaine manière, la Manufacture Berlier, lieu consacré à l’ESS dans le domaine du textile, juste à côté des tours Duo, est sans doute un bon exemple à développer. S’agissant des commerces, la Ville s’est dotée récemment d’un nouvel outil, la SEM « Paris Commerces », qui dispose de capacités renforcées pour préempter des locaux afin de maintenir, voire de réintroduire, le petit commerce de proximité dans les quartiers. Pour ma part, je milite pour que l’on intervienne pour limiter le niveau des loyers. A l’instar de l’encadrement des loyers pour les logements, il devrait y avoir un encadrement des loyers pour les commerces.
- Comment voyez-vous l’avenir du site « Les Frigos » ?
« Les Frigos » est un lieu que j’apprécie tout particulièrement, je le visite depuis des décennies avec un grand plaisir. C’est un site de création atypique et renommé dont la notoriété dépasse de beaucoup les frontières du 13e. Il n’en demeure pas moins que nous sommes confrontés à des difficultés d’importance. D’abord, il y a eu de réelles interrogations sur la pérennité du bâtiment puisqu’un certain nombre d’ateliers avaient commencé à s’affaisser. Visiblement, les craintes se sont estompées depuis. Le deuxième gros sujet sera d’attaquer les phases de rénovation les plus compliquées, c’est-à-dire l’évolution ou le changement des façades. Et je rappelle que « Les Frigos » n’est pas un bâtiment classique puisqu’il s’agissait à l’origine d’entrepôts frigorifiques construits à une période ancienne, ce qui explique que les façades soient constituées de deux voiles de béton qui encadrent du liège qui lui-même s’est détérioré dans le temps. Nous avons obtenu de la Ville que des études techniques soient lancées : leurs résultats donneront la marche à suivre. Je m’étais battu en son temps pour la pérennisation d’un certain nombre de lieux comme la Halle Freyssinet qui est devenue la Station F. Évidemment, je continuerai à me battre pour que « Les Frigos », site emblématique de notre arrondissement, puissent être sauvés.
- Que comptez-vous faire pour entretenir la mémoire du passé industriel de l’arrondissement d’une part, et d’autre part garantir la pérennité des ateliers SNCF (Masséna) et RATP (porte de Choisy et place d’Italie) ?
Essayons de remettre les choses à leur place. De mon côté, je me suis toujours intéressé au patrimoine industriel parce que je pense que cela fait partie de l’histoire du 13e. Et je rappelle que, j’étais alors Premier adjoint, nous avions hérité d’un permis de démolir purgé pour la Halle Freyssinet. Je m’étais battu à l’époque pour que l’on n’envoie pas les bulldozers, ce qui nous était proposé. Je me réjouis aujourd’hui qu’on ait trouvé une nouvelle destination pour ce bâtiment remarquable.
Une fois cela dit, vous avez raison de souligner qu’il faut préserver et entretenir cette mémoire industrielle et ouvrière peut-être par une série de visites, de conférences. Mais pour autant, je ne me battrai pas pour une politique de conservation systématique parce que je ne souhaite pas qu’on tombe d’un excès dans l’autre. Si vous pointez les ateliers de la porte de Vitry, je ne suis pas du tout sûr que l’intérêt patrimonial soit le même et je n’aurai pas la même attitude. N’oublions pas que la conservation pour la conservation n’a pas de sens si l’on ne trouve pas de nouveaux usages. Ce sera mon attitude pour l’avenir. Pour la gare Masséna, en revanche, nous avons trouvé un opérateur et une utilisation à venir. Elle est déjà en travaux et sera, en grande partie, rouverte au public ; elle accueillera un restaurant qui donnera sur la Petite Ceinture, elle-même devenue un grand bandeau vert dédié à la promenade.
- Comment envisagez-vous l’amélioration des relations entre le 13e et les communes limitrophes, Ivry-sur-Seine, Gentilly, Le Kremlin-Bicêtre, afin que le périphérique ne soit plus une frontière urbaine ?
Pour se marier, il faut être deux… et deux personnes consentantes. J’avoue que ces dernières années j’ai eu sans doute – et j’en prends ma part de responsabilité – des relations avec les communes limitrophes plus ténues qu’il ne l’aurait fallu. Je le constate et le regrette, mais pour être complet, il faut ajouter que les communes que vous citez ne m’ont guère sollicité non plus. De fait la commune limitrophe d’Ivry-sur-Seine, de Gentilly et du Kremlin-Bicêtre, ce n’est pas le 13e, mais Paris, cela renvoie à la question du statut de l’arrondissement que nous avons évoquée plus haut. Par ailleurs, la métropole ne joue pas vraiment son rôle pour créer ces ponts. Pourtant, je pense que c’est notre avenir. Heureusement, un certain nombre de projets nous unissent comme le prolongement de la ligne 10 du métro pour lequel nous nous battons aux côtés d’un certain nombre de communes du Val-de-Marne dont Ivry-sur-Seine en premier lieu. Mais je juge cela insuffisant. Là aussi, il faut faire évoluer les institutions et les pratiques.
- Quels doivent être la place et le rôle de Paris dans la métropole du Grand Paris ?
Au préalable, on pourrait peut-être s’interroger sur les prérogatives et le fonctionnement de la métropole du Grand Paris. Je trouve que cette réforme institutionnelle n’est pas aboutie. J’ai siégé lors de la dernière mandature dans cette instance et j’étais quand même très frustré du périmètre de ses actions. Il faudra indéniablement faire évoluer les institutions, remettre un peu d’ordre, simplifier sans doute les niveaux de compétences. Car sinon nous n’aurons pas les outils d’un bon fonctionnement. Quant à la place de Paris, il faudrait peut-être déjà la reposer au niveau de la région Île-de-France qui, elle, a des compétences très fortes. Aujourd’hui, sa présidente, Madame Pécresse, tourne le dos à Paris, la ville centre de la région, et à la métropole du Grand Paris. Cette situation est totalement anormale. Et je pense que c’est l’un des premiers sujets de dysfonctionnement pour la bonne marche de notre région et de notre métropole.
- Lancerez-vous un bilan des « appels à projet » du type « Réinventer Paris » ou « Réinventer la Seine » ?
D’une certaine manière, le bilan a déjà été fait avec des choses qui ont fonctionné et d’autres pas. Je préfère en garder le côté positif. Cela a fait évoluer favorablement notre positionnement par rapport aux concours. Pendant longtemps, beaucoup de concours qui étaient lancés en direction du privé dépendaient quasi uniquement de l’offre financière. Pour faire simple, le promoteur qui apportait le plus gros chèque était sélectionné. Cela avait le mérite d’une certaine forme de transparence, mais interdisait toute initiative intéressante. Dorénavant, les modalités d’organisation des concours intègrent également d’autres types d’aspirations. Gardons cela et disons que ces projets « Réinventer » ont eu le mérite de « secouer le cocotier » avec des réussites et aussi un certain nombre d’échecs.
- Êtes-vous favorable à l’arrêt de la construction à Paris de nouveaux immeubles de bureaux ?
Je ne pense pas qu’il faille être idéologue en la matière. Ce que je constate, c’est que la vacance en termes de bureaux est très faible dans notre arrondissement. Et donc je pense qu’il faut qu’on réfléchisse d’abord au rééquilibrage entre l’Ouest et l’Est parisien. C’est à partir de là que nous devons prendre des décisions. Dire, du jour au lendemain, qu’« il ne faut plus construire de bureaux », serait absurde s’il y a des besoins à satisfaire, a fortiori s’ils sont utiles pour la collectivité.
Dans ce cadre, je rappelle que la terminologie « bureaux et activités » comprend des choses extrêmement différentes. Nous avons notamment permis l’arrivée de nombreuses écoles du supérieur ces dernières années. Nous avons accueilli des grands sièges administratifs, deux importants groupes de presse et des grands noms de l’édition. Tout cela est très positif et fait partie désormais des nouvelles identités du 13e.
Un arrondissement avec des mobilités plurielles, inclusives. Que mettrez-vous en avant, avec quels moyens ?
- Que pensez-vous faire pour accélérer les prolongations des lignes de métro n°10 vers Ivry-sur-Seine et Vitry-sur-Seine et n°5 vers place de Rungis et Gentilly ?
Je crois aux mobilisations populaires. C’est comme cela que nous avons obtenu, en son temps, le prolongement de la ligne 14 aux Olympiades et, ensuite, la création de la station Maison-Blanche qui, je le rappelle, n’était pas prévue dans les plans initiaux. C’est comme cela aussi que nous avons pu faire inscrire des études sur l’extension des lignes 5 et 10 dans le prochain contrat de plan État-région. Il n’empêche que ce sont des projets extrêmement coûteux. Si l’on n’arrive pas à mettre en avant à la fois la nécessité et la mobilisation citoyenne sur le sujet, je pense que nous n’obtiendrons pas le financement final. Mon rôle, en tant que maire, est d’essayer de faire valoir tout cela.
- Quelles sont vos propositions pour le financement des transports publics urbains ?
C’est une question trop importante pour pouvoir la traiter en quelques mots. Simplement, on ne peut pas se permettre d’exclure la part des entreprises. On voit à quel point la région est déjà en difficulté pour pouvoir financer la fin des réalisations des transports du Grand Paris et leur fonctionnement. Ces sujets sont beaucoup trop lourds pour y répondre avec une phrase expéditive.
- Quelle est votre position pour que de nouvelles lignes de tramways voient le jour dans Paris et dans le 13e en particulier que pensez-vous d’une ligne de tramway pour remplacer la ligne de bus 62, ou encore celle reliant les gares (se substituant à la ligne de bus 91) ?
J’ai toujours détesté raconter des carabistouilles. Je sais qu’aujourd’hui cela ne fait pas partie des priorités pour Île-de-France Mobilités, l’établissement qui organise et finance les transports publics et qui est présidé par la région, même si j’y suis à titre personnel tout à fait favorable. Je pense qu’il faut regarder de près les nouveaux modes de transport et notamment les « tramways sur pneus », uniquement guidés et non plus sur rails. Cela serait sans doute quelque chose de plus facilement finançable, car les coûts seraient bien moindres et cela redonnera peut-être de la vigueur à ces projets qui ont pour l’instant été mis de côté.
- Êtes-vous favorable à l’équipement d’ascenseurs et d’escaliers mécaniques pour l’ensemble des stations de métro afin d’en faciliter l’accès aux personnes à mobilité réduite ?
Qui ne pourrait pas être favorable à une plus grande accessibilité du métro ? Une fois que l’on a dit ça, il faudra avoir le courage de pointer ce qui doit l’être, à savoir la réglementation française qui est trop rigide. C’est aujourd’hui un frein énorme car elle génère des coûts disproportionnés. Donc remettons à plat les questions de normes d’accessibilité et de sécurité incendie, parce que ce sont deux choses extrêmement liées, avec pour objectif d’améliorer vraiment l’accessibilité sans viser à la perfection. Si l’on n’en passe pas par-là, on sait que l’écueil sera très difficile à surmonter. Pour ma part, je considère que la priorité doit être la ligne 6 du métro car sa part aérienne est beaucoup plus facile à aménager par rapport à d’autres lignes et qu’elle est, de surcroît, extrêmement fréquentée.
- Que proposer face au développement des nouvelles mobilités individuelles électriques, type vélo électrique à forte puissance, trottinettes, gyropodes, rollers, planches à roulettes… Comment les intégrer au Code de la rue ?
En préambule, je veux dire que je me bats pour qu’une part de la réglementation puisse être déléguée aux collectivités territoriales. Le fait d’avoir dû attendre qu’une loi soit votée au Parlement pour faire en sorte d’éliminer le grand bazar qu’avait mis un certain nombre d’opérateurs avec les trottinettes électriques dans Paris est évidemment totalement ridicule. Si nous avions eu la faculté de prendre des dispositions réglementaires, nous aurions pu agir contre ces dérives sans des mois et des mois d’anarchie. Quand il y a des difficultés, il faut encadrer. Ce n’est pas par plaisir que l’on édicte des règles, c’est par nécessité. Concernant particulièrement les vélos électriques très puissants, il va bien falloir faire en sorte que les immatriculations soient obligatoires, ne serait-ce que pour pouvoir verbaliser les excès et sans doute aussi limiter les vols.
- Que pensez-vous de l’accès gratuit pour tous et toutes, ou à certains usagers (lesquels ?) aux transports publics urbains ?
Cela rejoint la question du financement général dont on a parlé précédemment. Une nouvelle fois, faisons attention aux excès de démagogie. À ce stade, je suis favorable à une gratuité à destination de certains publics. Paris l’a fait notamment pour les jeunes et les seniors, sous condition de ressources pour ces derniers. Cela coûte des sommes très importantes. Il ne faudrait pas que la généralisation de la gratuité nuise à l’état général de la qualité des transports publics. C’est un équilibre à trouver. C’est un beau sujet démocratique qui ne se résout pas par des slogans.
Gestion des déchets et Énergie
28. Comment améliorer la valorisation des déchets ménagers et assimilés (commerces…) et ceux du BTP ?
Je suis extrêmement content que la question des déchets revienne un peu dans le débat public et dans l’esprit des citoyens parisiens. C’est une question qui me semble fondamentale parce qu’elle a des conséquences en cascade. Et comme le 13e accueille avec Ivry-sur-Seine une grande usine d’incinération, elle nous touche très directement. Maintenant que l’on a dit cela, les réponses sont multiples. Cela part de l’accompagnement de nouvelles pratiques individuelles à des créations comme celles que nous engageons en ce moment sur des composteurs de quartier. Vous avez raison de pointer la question sous l’angle du BTP. Nous avons accompagné beaucoup d’expérimentations sur la question du recyclage et de la réutilisation dans plusieurs opérations. On s’est d’ailleurs aperçu que c’était beaucoup plus compliqué que ce que l’on pouvait imaginer. Mais je pense que l’avenir passe par là parce que les résidus du bâtiment représentent une part importante des déchets.
- Alors que l’incinération des déchets par le SYCTOM fournit 40 % des approvisionnements en vapeur du réseau de chauffage urbain de la CPCU, comment garantir à la fois la réduction des déchets, le développement de leur valorisation matière et le développement du chauffage urbain avec des énergies renouvelables, lesquelles ?
La question est parfaitement posée. On voit bien que les sujets se tiennent. Je rappelle que la nouvelle usine du SYCTOM Ivry-Paris 13 va être mise en fonction très prochainement avec un volume des incinérations qui sera divisé par deux. Cela a des conséquences pour chacune et chacun d’entre nous en termes de recyclage, cela a également des implications sur le chauffage urbain. La partie chauffage urbain a été remise en concurrence récemment et l’un des engagements du nouvel opérateur est de s’appuyer sur des énergies renouvelables et de développer la géothermie.
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